Admission universitaire : pourquoi le test facultatif reste la norme aux États-Unis
décompte de l'organisation FairTest relayé par Forbes, 86,4 % des universités américaines maintiendront une politique de tests standardisés facultatifs pour le cycle d'admission 2027-2028.

Voilà un chiffre qui mérite de retenir votre attention, même à distance, parce qu'il démonte un raccourci tenace: l'idée que les critères d'admission seraient figés et uniformes. Or, en orientation comme ailleurs, croire aux généralités coûte souvent plus cher que de vérifier les règles propres à chaque établissement.
Les chiffres derrière le débat
Sur 2 182 établissements dont la politique est documentée, 86,4 % seront en « test-optional » — le SAT ou l'ACT sera examiné mais pas imposé. 80 universités supplémentaires, soit 3,6 %, adopteront le « test-free »: les scores ne seront tout simplement pas pris en compte. À l'opposé, 161 établissements (7,2 %) exigeront encore la présentation de ces tests, et la politique de 2,9 % des cas n'a pas pu être confirmée.
Ce tableau contredit frontalement le récit du « retour aux tests obligatoires », un mouvement resté marginal et concentré dans quelques universités d'élite, comme le souligne Harry Feder, directeur exécutif de FairTest.
Une tendance réelle, mais étroite
L'Université de Californie, elle, étudie sérieusement l'idée de réintroduire les tests standardisés après les avoir abandonnés en 2020. Le président du Sénat académique de l'UC, Ahmet Palazoglu, a annoncé en juin le lancement d'une révision de la politique d'admission, évoquant un déclin marqué de la préparation académique des nouveaux inscrits, notamment en mathématiques. Plus d'un millier de professeurs de l'UC, dont beaucoup en STEM, ont signé une lettre ouverte appelant au retour d'une exigence de SAT/ACT en mathématiques pour les candidats STEM dès 2027.
En parallèle, l'administration américaine pousse pour rendre les tests standardisés obligatoires au niveau fédéral — une orientation que ses détracteurs jugent susceptible de pénaliser les étudiants issus de minorités et de milieux économiquement fragiles.
Trois réflexes à installer dès maintenant
La leçon traverse les frontières et nous concerne directement, vous qui préparez vos vœux et vos dossiers. Trois réflexes font la différence au moment de formuler vos candidatures:
- Ne jamais extrapoler la politique d'un seul établissement à l'ensemble d'un système.
- Identifier, pour chaque filière visée, si un test standardisé est exigé, valorisé ou ignoré.
- Garder en tête que les critères évoluent: un établissement facultatif aujourd'hui peut redevenir exigent demain.
Votre exercice concret: avant de figer votre liste de vœux — que vous visiez le Gabon, l'Europe ou l'Amérique du Nord — accordez-vous une demi-heure pour relever, établissement par établissement, trois informations: la politique de tests en vigueur, les matières exigées au lycée et le poids réel accordé aux notes du dossier. Vous verrez immédiatement à quel point les règles du jeu diffèrent d'un campus à l'autre. C'est cette culture du détail qui transforme un vœu formulé en admission obtenue.